Les Voeux du G.M. 2018

Secrétaire G.L.N.R.G.L.N.R.

Très cher et bien aimé Frère,

En grec, apokalysis signifie « révélation ». Que nous révèle Saint Jean ?…

Il nous informe de « l’Apocalypse de Jésus Christ » : plus clairement, il nous révèle l’avenir du Christ. Le « Fils de l’Homme », ressuscité, apparaîtra. Toutes les puissances terrestres s’effondreront, Jésus instaurera son royaume dont la justice sera éternelle. Enfin Dieu viendra établir sa demeure dans sa nouvelle Création.

Au-delà même de son sens strictement religieux, le texte de l’Apocalypse nous livre un message central : notre monde d’injustice et de violence va disparaître et un nouveau monde régi par la justice de Dieu, où la vie sera éternelle, va bientôt commencer.

Cette pensée apocalyptique est fondée sur un parallèle : de même que la mort de Jésus sur la croix devient, dans la Résurrection, son véritable commencement, de même, lorsque le monde à l’envers dans lequel nous vivons trouvera son terme, commencera alors le monde vrai et éternel de l’avenir.

Dans l’apocalypse chrétienne, deux aspects sont indissociables : destruction et construction, fin et commencement, crépuscule et aube.

Cette vision est particulièrement positive puisqu’elle est avant tout un message d’espérance reposant sur la vision de l’avenir de l’humanité et de la planète par la proclamation d’une confiance absolue en la fidélité de Dieu.

Elle se dissocie complètement des visions matérialistes modernes d’extermination nucléaire ou climatique débouchant sur le néant, une fin sans commencement…

Bien plus, la pensée apocalyptique est extrêmement actuelle !… Tous les hommes qui se trouvent dans une situation d’opposition, d’oppression ou de résistance comprennent son sens profond !…

« Jean le Voyant » écrit ce texte depuis l’île de Patmos où il a été banni : c’est un prisonnier, un exilé qui nous parle.  Il s’adresse aux chrétiens persécutés et leur annonce une révolution radicale. Jean nous dit que « ceux qui peinent et ploient sous le fardeau », « les humiliés et les offensés » vont se soulever… ou se relever dans le royaume du Crucifié et y vivre dans la paix !… Tout cela est d’une actualité à couper le souffle !…

Mais l’espérance doit demeurer : « Celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. » (Mathieu 24).

Notre espérance, mes chers Frères, s’oppose à la fois au désespoir né du spectacle affligeant de la réalité présente, au consentement passif au monde comme il va et à la présomption orgueilleuse que tout est déjà pour le mieux. Elle fonde une éthique de la transformation de l’homme concourant à la transformation du monde.

Un Franc-Maçon doit s’interroger : « Que m’est-il permis d’espérer ? » et « Que puis-je faire pour aller au-devant de la réalisation de ce que j’espère ? ». Il doit aussi savoir se préserver : « Que dois-je craindre ?… Que dois-je faire pour repousser le danger ? ».

Le Franc-Maçon, par l’initiation, par la pratique des vertus, doit actionner un vrai désir, le courage, l’intelligence et la force pour articuler l’espérance avec la préservation du monde. Celles-ci se révèleront bien vite, dans son parcours maçonnique, comme les deux faces d’une même médaille : sans crainte, l’espérance est superficielle, mais sans espérance, la crainte est paralysante.

La « Construction du Temple » vise à transformer le monde. « Celui qui veut que le monde demeure tel qu’il est ne veut pas qu’il demeure. » (Erich FRIED)

Nous allons ensemble poursuivre cette construction dans la joie, la fraternité et l’humilité. Nous donnons un sens à notre vie par notre croyance et notre absolue confiance en Dieu.

Je fais le vœu que la santé, la paix, le bonheur et la prospérité illuminent votre vie pour la nouvelle année.

Je vous assure de mon affection fraternelle.

 

Jean-Charles FOELLNER
Grand Maître